Les organisme de crédit se servent sur la bête, c’est-à-dire l’emprunteur ! Pour la deuxième fois (la première, c’était en octobre dernier), l’hebdomadaire satirique le Canard Enchaîne lance un pavé dans la mare des banques et autres organismes de crédit, les accusant dans son édition du mercredi 21 janvier de se faire du gras aux dépends des emprunteurs. Et cite pour ce faire une très sérieuse, très officielle et très confidentielle publication mensuelle de la Banque de France nommée « Stat info ». Peu diffusée, la lettre tombe apparemment régulièrement dans les pattes palmées de l’hebdomadaire. Et pour peu qu’on aime les chiffres et leur signification, les informations sont édifiantes !
Moins chers à l’achat, plus cher à la vente.
Une banque, c’est une sorte de grossiste en argent : on achète de l’argent d’un côté (l’épargne des particuliers et les prêts accordés par les banques centrales), on en vend de l’autre (les prêts accordés aux particuliers). Et en passant, on réalise une honnête marge bénéficiaire, il faut bien faire tourner la boutique. Et c’est de ce côté que le bât blesse et que l’emprunteur peut légitimement avoir l’impression qu’on surcharge la bête de somme. Alors que le coût du crédit accordé par les banques centrales baisse avec régularité depuis le début de la crise, avec les fameux taux directeurs de la Banque centrale Européenne (le principal taux directeur est à 2% depuis le 15 janvier, il était de 3% il y a un an), le taux des banques a certes commencé à baisser mais avec retard. Retard qui se traduit en liquidités sonnantes et trébuchantes pour celles-ci. Exemple donné par l’hebdomadaire : marge moyennes sur les crédits revolving et les découverts pour les particuliers +15,6% (+10,6% sur le seul mois d’octobre !), sur les crédits à la consommation aux mêmes : +44,5% (+19,2% sur un mois), sur les crédits de trésorerie pour les entreprises : +69%, sur les crédits d’investissement : +82%, etc. Bien sûr, ces chiffres sont arrêtés au mois de novembre, il faut bien collecter et assembler les statistiques. Mais la tendance reste très actuelle, et nous parions qu’elle est là pour durer. En attendant, si vous allez chez le banquier : négociez ! Y’a pas de raison que ce soit vous qui recapitalisiez les investissements hasardeux dans des subprimes et autres Madoff !
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